Blog de Christophe BINTU -
Ce blog est un espace d'information et d'échange, disponible pour toutes les personnes intéressées par les droits de l'homme. Il vous propose de partager vos opinions, dénoncer les violations portées à votre connaissance ou encourager les initiatives visant à promouvoir les droits de l'homme. Peu importe le pays dans lequel vous vivez, votre engagement fera avancer les choses. Les droits de l'homme sont universels et doivent être défendus partout.
Son Excellence Monseigneur
François Xavier Maroy, Archevêque de Bukavu,
Chers consacrés dans le
Seigneur : Prêtres, religieux et religieuses
Chers parents et toute la famille
de notre Sr Denise,
Chers frères et sœurs qui
êtes venus nous soutenir et accompagner notre Sœur,
Au nom de toute la
communauté du Monastère N.D de la Clarté-Dieu, je vous dis à tous un grand merci
pour la sympathie que vous nous témoignez en ce jour mystérieux de la pâque de
notre Sœur.
La mort de notre
Sœur Denise KAHAMBU s’inscrit dans le même contexte que celle de l’Abbé Daniel
que nous venons d’enterrer et de toutes les autres victimes de la méchanceté
humaine dans notre région, connues ou inconnues.
Notre Sœur
s’appelle Denise KAHAMBU MUHAYIRWA.
Elle est née le 12
décembre 1964 à Kiluvu, diocèse de Butembo-Beni.
Elle est entrée au
monastère le 15 décembre 1991.
Elle a fait sa
profession temporaire le 8 décembre 1994 et profession solennelle le 28
décembre 1999. Elle est morte le
7 décembre 2009.
Elle a exercé
successivement en communauté :
Le service d’aide
hôtelière, jardinière, portière et chargée de l’accueil des plus démunis,
sous-maîtresse, responsable de l’exploitation agricole, chantre, responsable de
l’accueil et de la porterie, et c’est dans ce service qu’elle vient de mourir.
C’est aussi elle qui nous réveillait.
Elle a exercé ses
responsabilités avec force et courage et nous lui reconnaissons une grande
discrétion. Ces derniers temps elle était très occupée à cuire des quantités de
nourriture pour les pauvres et cela chaque jour comme si elle savait que
c’était la fin.
C’est un fruit mûr
qui est cueilli. Le mois de décembre est un mois cher à Sr
Denise et elle disait qu’elle mourrait en décembre.
Elle est morte
vers 20h, après avoir célébré avec la communauté les premières Vêpres de
l’Immaculée Conception et chanté le SALVE REGINA de la prière du soir : Complies.
C’est après ce
chant du Salve qu’elle s’est dirigée vers son service pour desservir les tables
où elle avait servi nos hôtes venus de Goma pour participer à la vêture de
leurs filles, nos deux postulantes qui devaient commencer leur noviciat ce 8
décembre.
C’est vers 19h30
au sortir des Complies que nous avons pris conscience d’une présence d’hôtes
indésirables dans la cour. Ceux qui l’ont abattue ne lui ont pas parlé, ils
n’ont posé ni question ni recherché de l’argent. Ils l’ont poursuivi où elle
courait en criant pour essayer de leur échapper, et il lui ont tiré une balle
dans la cuisse. Elle est tombée sur le champ. Ils ont tiré aussi sur les
visiteurs, mais ne les ont pas atteints. Ce bruit a alerté l’ensemble de la
communauté ; chacune a fui comme elle pouvait mais pour nous retrouver
toutes au dortoir. Très vite les assaillants sont venus derrière les portes du
dortoir, mais nous n’avons pas ouvert : il n’y avait plus moyen pour nous
de sortir pour secourir notre Sœur qui continuait à saigner. Après quelques
minutes elle est morte.
La mort de Sœur
Denise a permis d’abord à nos visiteurs d’avoir la vie sauve.
Ensuite c’est
grâce à ses cris et au bruit des tirs qui l’ont atteinte que le reste de la
communauté s’est mis à l’abri. Sans cela il y aurait plusieurs morts. C’est
dans la douleur mais aussi dans la reconnaissance que nous célébrons cet
événement. En ceci, nous disons merci à notre sœur d’avoir donné sa vie pour
toute la communauté et j’invite les sœurs Trappistines à se lever et à chanter
le TE DEUM. Si la chorale nous accompagne ce sera bien. Et après je continuerai.
Enfin cette mort
est solidaire de tant d’autres personnes connues et inconnues, victimes
innocentes des massacres dans notre milieu.
Nous remercions
encore tous et chacun pour le témoignage éloquent de votre attention et de
votre amour à l’égard de notre Sœur et de notre communauté.
Prions le Seigneur
pour que tout ce sang répandu féconde son Eglise et lui fasse porter de bons
fruits.
Que Notre Dame de la Paix et Notre Dame de la Clarté-Dieu, la Vierge toute pure, nous
garde sous sa protection.
Après l’assaut de la paroisse de Kabare, dans
la nuit du 5 au 6 décembre 2009, à l’issu duquel on a tué l’AbbéDaniel Cizimya, ce soir, 7 décembre, c’est le tour du Monastère des
Trappistines de Murhesa.
Quand la Communauté, à 19 h 30, a
entendu des cris et des coups de feu et qu’elle s’est réfugiée au dortoir, la
Mère Abbesse m’a tout de suite avisé par téléphone. J’ai saisi sans tarder Mgr
l’Archevêque, l’abbé Justin Nkunzi, chargé de la commission Justice et Paix
dans l’archidiocèse, les voisins et les unités militaires les plus proches, par
le truchement des sœurs Filles de la Résurrection.
D’après les témoins de l’affaire,
qui étaient des hôtes du monastère, la Sœur chargée de l’accueil, Sœur Denise Kahambu, qui a été tuée
ensuite, a aperçu derrière elle trois hommes, qu’elle ne reconnaissait pas
parmi les hôtes qu’elle avait à l’hôtellerie. Ils l’ont rencontré dans son
bureau. Tout de suite, elle a couru vers le réfectoire des hôtes. Les
assaillants l’ont rejointe et ont demandé : « Où se trouve le
prêtre ? » Ils ont dit aussi de donner de l’argent.
Une femme parmi les hôtes a témoigné :
lorsqu’elle a entendu les cris de la sœur, et qu’elle a vu un homme en armes
courir derrière elle, elle s’est enfermée dans sa chambre. Les autres hôtes ont affirmé que les
assaillants n’avaient pas de véhicule. Ils en ont vu trois. Les hommes ont dit
deux choses : qu’on leur montre où est le prêtre et d’amener l’argent. Ils
ont ravi quatre téléphones des hôtes.
La maman (parmi les hôtes) qui
nettoyait les assiettes, a entendu le bruit. Elle est sortie dehors. Le
militaire, qui venait de tuer la sœur, lui a demandé aussi de l’argent.Quand elle
a déclaré qu’elle n’avait rien, un des assaillants a tiré sur les jambes de la
maman, mais la balle est passée à côté. Et c’était la dernière balle tirée.
Mais la sœur était déjà morte, couchée dans un bain de sang. Quand la maman a
crié fort, le tout dernier assaillant est parti.
Déjà auparavant, d’après les hôtes
et la sœur du magasin, il y a eu des gens suspects vers 18 heures (au coucher
du soleil). Et d’après la sentinelle du monastère, les assaillants sont entrés
nombreux, non pas par la porte principale, mais par derrière.Quelques minutes après l’attaque, la
Mère Abbesse m’a rappelé pour me dire que Sœur Denise était grièvement blessée,
et si je pouvais venir la prendre d’urgence pour la porter au centre
hospitalier. L’Abbé François d’Assise, directeur spirituel du théologat
Saint-Pie X, est allé avec le chauffeur chercher deux militaires à Mudaka (5 km
du séminaire). Ils sont venus tout de suite au Monastère. Ils ont rencontré en
route d’autres militaires venant de Bukavu. Puis ils sont revenus immédiatement
pour me dire que la Sœur n’était plus. Alors nous sommes venus au Monastère,
moi-même Recteur du théologat, l’Abbé Econome, le Directeur spirituel, le
chauffeur et quelques sentinelles du séminaire. Nous sommes arrivés au même
moment que la Police Nationale. Ils ont commencé à faire les constats
préliminaires. La MONUC est arrivée ensuite. Elle a fait rapidement son constat
et elle est partie. Il n’y avait plus rien à faire pour eux.Les vrais constats ont commencé avec
l’arrivée du Vice-gouverneur sur les lieux 30 minutes après.
L’aumônier Père Bernard Oberlin
(trappiste comme les sœurs) témoigne d’autre part : il venait de fermer la
porte de l’Eglise, du côté extérieur (19 h 30), est passé dans la maison de
l’aumônerie, puis à l’atelier pour vérifier le tableau électrique avant d’éteindre le groupe électrogène. Il a alors entendu un
sifflement anormal, a cru que cela venait du moteur et a éteint alors le
contact électrique. Entendant que le sifflement cessait, il a compris que
c’était la sirène du Monastère et a rallumé. Il est allé faire le tour du
cloître par l’intérieur, pour comprendre ce qui se passait. Comme tout était
éclairé et aucune sœur dans les pièces visitées, il a compris qu’il y avait une
attaque (c’est la quatrième depuis la guerre de 96). C’est alors que, rentrant
à l’aumônerie, il a reçu un coup de téléphone de la Mère Abbesse, qui lui
disait de venir se protéger avec toutes les sœurs dans le dortoir du cloître. –
Il y a un autre dortoir, qui avait aussi fermé ses portes et ses grilles.
Dans le dortoir fermé, les sœurs
s’asseyaient par terre dans le couloir pour éviter de recevoir éventuellement
une balle par une fenêtre de cellule. La Mère Abbesse et d’autres sœurs me téléphonaient
au théologat tout proche. La Mère Abbesse a appris la mort de la Sœur Denise
par le téléphone d’un des hôtes, qui s’était caché. D’autres échanges
téléphoniques ont eu lieu avec l’évêque et d’autres personnes.
Durant tout ce temps, les Sœurs
priaient le chapelet et le Psaume 129 « De profundis » pour leur sœur
défunte et pour toute la communauté.Vers 21 h 30, je suis venu avec les
confrères avertir les sœurs enfermées qu’elles peuvent sortir du dortoir.
La Nonciature Apostolique de
Kinshasa, le Secrétaire de la Conférence Episcopale Nationale, le Gouverneur de
la Province du Sud-Kivu, le Ministre Katintima et l’ancien Procureur de la
République, ainsi que presque toutes les communautés diocésaines (prêtres,
religieux, religieuses) m’ont appelé au téléphone ce soir, pour savoir ce qui
s’est passé.
En partant, le Vice-Gouverneur m’a
assuré qu’ils continueraient les enquêtes, et, avec le Major de la Police, ils
ont décidé de laisser quelques policiers.Voilà comment les choses se sont
passées.
Veuillez agréer, Excellence,
l’expression de ma profonde communion en Eglise.
Fait à Murhesa (au Monastère) le 8
décembre 2009 à 0 h 50.
C’est
avec une profonde tristesse que le bureau de représentation du COJESKI en
France vient d’être informé de l’attaque, par des hommes armés non identifiés,
de la paroisse de Kabare (située à une vingtaine de kilomètres de la ville de
Bukavu) et de l’assassinat de l’Abbé Daniel Cizimya, dans la nuit du samedi 5
au dimanche 6 décembre.
À
cette occasion, nous vous rappelons quelques récents évènements intervenus au
Sud-Kivu :
- l’enlèvement
de deux prêtres et un séminariste de la paroisse de Ciherano, dans la nuit du 2
au 3 octobre ;
- le
pillage du couvent des Frères maristes à Nyangezi, dans la nuit du 5 au 6
octobre ;
- l’enlèvement,
à Bukavu, de l’élève Akitowa Kapalata, le mardi 6 octobre. Il venait de
composer la chanson « Hatuone kitu » (Nous ne
voyons rien) qui critique les actions des
institutions publiques ;
- l’embuscade
par des hommes en armes contre un camion en provenance de Luwhindja se
dirigeant vers Bukavu, le 12 octobre. Bilan :
quatre personnes tuées et sept autres gravement
blessées ;
- l’attaque,
par une bande d’hommes armés, dans la nuit du dimanche 15 et au lundi 16
novembre, des villages Ciduha, Canyera et Mantu
en groupement d’Irhambi Katana, dans le
territoire de Kabare. Bilan : environ 300
maisons pillées, quatorze personnes enlevées et
deux autres grièvement blessées ;
- l’attaque,
par les FDLR, le mercredi 2 décembre, du centre de Kalole, situé à plus de 540 km
à l’ouest de Bukavu, dans le territoire de Shabunda
qui a abouti à la destruction complète de
l’hôpital
général de référence de Kalole et à l’enlèvement de sept personnes.
- Des
bandits armés ont tué, ce lundi 7 décembre, aux environs de 20 heures, la sœur
Denise
Kahambu Muhahirwa, dans le monastère de
Murhesa en territoire de Kabare ;
- Un
corps sans vie a été retrouvé, le matin de ce mardi 8 décembre, dans la rivière
Kahwa en
commune de Kadutu à Bukavu. C’est le corps d’Etienne
Burobo, habitant du quartier Asiatique, assassiné, dans la nuit du lundi 7 au
mardi 8 décembre.
Le
COJESKI dénonce et condamne énergiquement cet assassinat odieux, ainsi que tous
les autres crimes commis sur les populations civiles à l’Est de la République démocratique
du Congo. Nous continuons à dénoncer l’opération militaire en cours dans la
province du Sud-Kivu,
et intitulée « Kimya 2 » car nous sommes convaincus qu’elle ne consolide pas la
paix mais que bien au contraire, elle est à la base de l’insécurité sur l’ensemble
du territoire provincial.
Par
conséquent, COJESKI France demande :
- aux
autorités compétentes de mettre immédiatement fin à l’opération « Kimya 2 » ;
- au
Parlement de nommer une commission d’enquête sur tous les crimes connus ce jour
et
commis sur les populations civiles dans la
province
du Sud-Kivu ;
- à
Monsieur Louis Léonce Muderwa, gouverneur du Sud Kivu, de mettre en place tous les
moyens nécessaires qui s’imposent en vue de sécuriser
les populations et leurs biens.
COJESKI
France présente ses condoléances les plus attristées aux familles de l’Abbé
Daniel Cizimya et de Sœur Denise Kahambu Muhahirwa, ainsi qu’à l’Archidiocèse
de Bukavu, et témoigne sa solidarité aux populations du Sud Kivu.
L’identité des assaillants des villages au Nord et
Sud Kivu (Est de la
République Démocratique du Congo) est sujet de dispute entre,
d’un côté, la population locale, pour qui les assaillants sont des militaires
CNDP/Fardc et, de l’autre côté, le gouvernement, la Monuc et les Humanitaires,
pour qui les assaillants sont des FDLR, leurs alliés les Mai-Mai Pareco et les
Fardc impayés. Le modus operandi des
assaillants (tuer, violer, piller, couper les membres et incendier les
habitations) donne beaucoup plus raison à la population locale qu’aux
officiels.
La population ainsi que les forces vives congolaises qui
sont victimes des tueries et incendies, persistent et signent que ce sont les
rwandais anciens du CNDP, qui ont récemment intégré sans préparation et sans
condition l’armée congolaise, qui poursuivent leur guerre d’occupation de l’Est
de la R.D.Congo.
Pour plusieurs observateurs, la population
considère l’actuelle situation comme une réelle occupation militaire de l’Est
de la RDCongo
par les rwandais et les ougandais. Certains militaires congolais disent sous le
sceau de l’anonymat que l’Est est aujourd'hui entièrement entre les mains des
rwandais et des ougandais, surtout pour ce qui est du commandement militaire
des troupes. Cela n’empêche que certains officiers congolais continuent d’y
occuper des fonctions administratives de haut rang, mais sans impact réel sur
le commandement des troupes, leur logistique et leur gestion quotidienne. En
d’autres termes, ces officiers congolais seraient utilisés pour masquer la
réalité d'une occupation militaire lancée depuis les opérations militaires
dites conjointes entre la RDC
et le Rwanda contre les FDLR, la
RDC et l’Ouganda + Soudan contre les LRA, les rebelles de
Joseph Kony. Ces militaires congolais disent que ces opérations n’ont jamais
été conjointes car, non seulement les congolais y étaient marginalisés et
affamés, mais aussi il n’y a jamais eu une seule bataille entreprise en commun.
Le terme qui aurait convenu pour les qualifier est, selon eux, «opérations
parallèles». Il faut noter que les rwandais et les ougandais débarquaient en
R.D.Congo sans comité d’accueil du côté congolais et sans jonction avec les
militaires congolais. Ils allaient directement là où ils voulaient aller. Les
habitants de Rubare et de Bunagana, au Nord Kivu, les voyaient venir du Rwanda
et de l’Ouganda, certains par les sentiers de la brousse et d’autre par la
route, avec femmes, enfants, et vaches.
Pour tromper l’opinion nationale et
internationale, une cérémonie de départ avait été organisée avec fanfare!
Grande réussite médiatique pour les faussaires! Avec la frontière ouverte et
contrôlée par les rwandais, les occupants peuvent passer la journée au Rwanda
et la nuit en R.D.Congo en y commettant les massacres et les incendies. Cette
stratégie de la chauve-souris réussit bien aux occupants qui peuvent commettre
tous les crimes possibles et les faire endosser aux FDLR, LRA, RUD, FRF, Fardc
impayés, Mai-Mai, etc.
Dans certains des derniers rapports, on accuse l’armée congolaise de tuer
les populations civiles à l’est du pays sans, toutefois, faire mention de sa
vraie composition. Selon plusieurs témoignages, des Interahamwe recyclés au
Rwanda, des démobilisés de l’armée rwandaise, des CNDP et des RCD acquis à la
cause du Rwanda ont infiltré l’armée. Certains parmi eux sont aux commandes de
l’opération Kimia II.
Si on ne cite pas ces détails concernant les Interahamwe recyclés au
Rwanda, les militaires du RCD demeurés inamovibles à l’est et les miliciens du
CNDP intégrés dans la précipitation pour le besoin «de la paix des cimetières»,
il y a alors, dans la façon dont l’histoire «officielle» du pays continue
d’être écrite, des éléments de falsification de la réalité préjudiciables pour
l’armée congolaise même et la
Nation toute entière.
Pour faire avancer l’histoire du pays, il faut se demander: «Pourquoi la
guerre se poursuit-elle?». Depuis 1990 jusqu’à ce jour, l’enjeu principal n’a
pas changé pour les acteurs majeurs de cette guerre d’usure: esclavagiser les
populations congolaises et piller leurs matières premières stratégiques, sans
en payer le prix réel et en prenant appui sur les sous-traitants de la région
des Grands-Lacs. Tant pis si cela aboutit à la balkanisation du pays! Pour
qu’elle ne devienne une réalité, il faudra que tous ceux qui ont orchestré
cette guerre d’agression et les entreprises qui l’ont financée soient l’objet
des pressions «des maîtres du monde», pour qu’ils rendent compte des six
millions de morts devant la justice.