vendredi 23 octobre 2009

Les assassinats de journalistes à Bukavu...

Aux limites de la MONUC ?  
 Par Léonard Vincent

La Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) est l'opération civilo-militaire la plus importante dans l'histoire de l'ONU. Elle a aussi cette particularité d'avoir fait naître une des plus "belles" success-stories récentes de la presse africaine : Radio Okapi. Mais la rédaction de Bukavu de cette « radio de la paix » a perdu, en deux ans, deux de ses journalistes, assassinés dans des circonstances obscures. Est-ce une fatalité ou un échec des Nations unies ?

Quelques jours avant Noël, fin 2008, sous une pluie froide, nous avons découvert la grande station balnéaire détraquée de Bukavu avec un sentiment mêlant la stupéfaction et la colère. Nous avions reçu pour mandat d'enquêter sur les assassinats répétés de journalistes qui ensanglantent depuis quelques années la capitale du Sud-Kivu, à l'extrémité orientale de la République démocratique du Congo (RDC). Le dernier cadavre porté en terre était celui de Didace Namujimbo, le jeune frère de notre correspondant et ami, Déo Namujimbo. Ce jeune reporter travaillant pour le bureau local de Radio Okapi avait été abattu un mois plus tôt d'une balle tirée sous l'oreille par l'un de ses innombrables fusils-mitrailleurs AK-47 qui sommeillent dans les cases et les casernes de la région. Son corps sans vie, la tête baignant dans une mare de sang, avait été découvert le lendemain de l'assassinat, à l'aube, en bordure d'un escalier creusé à même la terre grasse, au beau milieu d'un quartier résidentiel. Plusieurs habitants du pâté de maisons avaient bien entendu une dispute et un coup de feu, la veille, aux alentours de 22 heures. Mais personne n'avait osé sortir. La nuit est dangereuse. Des militaires en déshérence, des anciens guérilleros désœuvrés et de petits bandits ultraviolents hantent les ruelles sans éclairage de la ville. Quelques jours avant notre arrivée, on avait retrouvé le corps d'un habitant non loin du centre-ville, exécuté pour les 425 dollars qu'il portait sur lui. La même semaine, un soldat de la Force navale et un habitant d'un quartier du bord du lac avaient également été abattus et volés. Là aussi, les corps avaient été laissés à la merci des chiens errants jusqu'à l'aube. Pourtant, Bukavu est l'une des bourgades majeures où est déployée la plus grande mission civilo-militaire de l'ONU. Dans ce paysage de Suisse après l'apocalypse, sous le regard des collines du Rwanda voisin, les véhicules tout-terrains et les VAB blancs frappés du sigle UN franchissent les check-points tenus par des bidasses sous-payés ou par la soldatesque de la poignée de mouvements rebelles faisant le coup de feu dans la région, au gré des agendas politiques de leurs chefs.
Depuis le 30 novembre 1999, les Nations unies maintiennent en effet sur le territoire de la RDC une force multinationale de 18 691 hommes et femmes, dont 16 921 soldats, 692 observateurs militaires, 1078 policiers, 973 fonctionnaires civils internationaux, 2483 membres du personnel civil local et 619 volontaires. La Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) avait pour mandat initial de veiller au respect du cessez-le-feu signé à Lusaka.
Les événements évoluant, la MONUC a par la suite été chargée de faciliter la transition démocratique après la chute du dictateur milliardaire Mobutu Sese Seko et la guerre régionale qui s'en est suivi. Il s'agit rien de moins que de stabiliser, avec des troupes, des services civils et une station de radio, une fédération de provinces immenses et gorgées d'une fabuleuse réserve de ressources naturelles, grande comme l'Europe occidentale et en plein cœur de l'Afrique centrale.
Or, en quelques années, les Kivus, à l'extrême est du pays, à la croisée des chemins de tous les prédateurs de la région, sont devenus des « petits Deadwoods » africains, un territoire de western où les assassinats, les razzias et les opérations punitives ont tué des milliers de civils en dix ans. Notre arrivée à Bukavu coïncidait avec la fin des combats qui avaient opposé, entre août et novembre 2008, l'armée congolaise et le mouvement du général renégat Laurent Nkunda, qui avait tenté un coup de force contre Goma avec l'appui de ses mentors rwandais. Dans ce contexte, l'assassinat de Didace Namujimbo n'était, en apparence, qu'une péripétie. Nous étions pourtant en droit de penser que cet assassinat, survenu un an et demi après celui de son confrère et ami Serge Maheshe dans la même ville et des circonstances similaires, avait une valeur particulière. Employé de Radio Okapi, ce jeune reporter était l'un des rouages de cette puissante machine à informer qu'est ce média original, né d'un partenariat entre la Fondation Hirondelle et l'ONU. Cette station obéissant à des règles strictes de neutralité et de promotion de la paix est devenue, en quelques années, un modèle pour les opérations onusiennes en zone de post-conflit.
Par deux fois, en juin 2007 avec Serge Maheshe et en novembre 2008 avec Didace Namujimbo, il nous semblait donc que c'était le cœur du dispositif civil de la MONUC qui avait été cruellement frappé. A défaut de pouvoir monter une milice suffisamment entraînée pour affronter avec succès les casques bleus, ne s'en prenait-on pas aux «soft targets» de l'ONU que sont les journalistes locaux employés par Okapi ?
Après une semaine d'enquête, nous nous sommes en réalité rendus compte que, si le dispositif civilo-militaire de l'ONU était bien visé, ce n'était pas nécessairement pour des raisons de basse politique. Les problèmes posés par la présence et les règles onusiennes ont, c'est vrai, été fatales à Serge et Didace. Mais leurs lâches assassinats et la douleur de leurs familles devraient servir, au moins, à ce que la communauté internationale se penche avec réalisme sur ses modes d'action dans des bourbiers aussi venimeux que le Grand Est de la RDC.
Sans doute est-il difficile d'admettre qu'un jeune et brillant journaliste puisse être abattu aussi froidement, à Bukavu, pour des raisons autres que politiques. Les assassinats et règlements de comptes sont légion dans les deux provinces de l'est. Il n'est pas extravagant, a priori, de soupçonner l'une des multiples forces politiques à l'œuvre dans ce paradis de la corruption, de la magouille et de la rapine, où les sinistres Forces démocratiques de libération du Rwanda (FLDR) administraient encore récemment plusieurs localités, où les unités hétéroclites de l'armée congolaise se payent quotidiennement sur la bête et où le personnel politique n'a, le plus souvent, troqué que récemment le treillis pour le costume cravate. Mais, après une semaine d'enquête, sur le chemin du retour vers Goma, je dois avouer aujourd'hui que nous étions davantage tiraillés par les questions que par les réponses.
« Dans une ville détraquée et truffée d'armes à feu, où le délitement de l'Etat et la lutte pour la survie sont l'ordinaire des citoyens, les journalistes de la rédaction de Bukavu de Radio Okapi ne sont pas des citoyens comme les autres », avons-nous écrit quelques semaines plus tard, une fois rentrés à Paris, dans un rapport intitulé « Bukavu, la cité des meurtres ». « Touchant un salaire régulier et conséquent, dans une ville où la vaste majorité vit avec une poignée de dollars par mois, circulant à bord de véhicules tout-terrain marqués du sigle des Nations unies, ils suscitent des jalousies, des rancœurs et des haines. Serge Maheshe et Didace Namujimbo étaient des figures connues, des journalistes de qualité, en pleine réussite sociale et professionnelle. (...) Ils étaient en position de se faire des ennemis, politiques ou non, dans une région où les incartades, qu'il s'agisse d'une enquête sensible ou d'une réussite perçue comme "insolente", peuvent être sanctionnées, pour quelques dizaines de dollars, par un assassinat. » C'était une manière diplomatique de dire que nous pensions que, peut-être, le dispositif onusien créait, malgré lui et malgré ses bonnes intentions, des ennemis à abattre au sein d'une société polluée par la pauvreté, la violence et l'immobilisme. Mon ami Déo Namujimbo me pardonnera de dire que son frère Didace était un journaliste prudent et appliqué, mais aussi un jeune et beau playboy heureux d'être sorti, grâce à son emploi, des sables mouvants de la misère et qui entendait en profiter. Qui pourrait le blâmer ? Or, cette situation était, dans la ville où il était né, terriblement dangereuse.
Je n'ignore pas que la stratégie de l'ONU au Congo a été mûrement réfléchie, que le meilleur moyen de prévenir la corruption est de verser un salaire décent, que des procédures de sécurité adaptées ont été mises en place pour protéger le personnel d'Okapi, que rien, dans le cadre de travail et de vie des journalistes employés à la rédaction de Bukavu, ne souffre de contestation sur les principes. Mais peut-être le Congo a-t-il aspiré, malaxé et recraché ces principes et leurs règles pour en faire des instruments funestes. Peut-être le mandat de la MONUC expose-t-il certains de ses employés civils congolais à un danger qui n'a pas été préalablement calculé, parce qu'il était aussi imprévisible que les orages qui ont claqué tout l'hiver dans le ciel rwandais, de l'autre côté du lac : la volonté de quelques brutes de maintenir dans la misère les fils de la misère.
Bukavu est une cité où le dérèglement de tous les services de l'Etat, les routes en perpétuel chantier, les coupures d'eau et d'électricité récurrentes, les mille et un petits rackets, la surveillance d'agents des services de renseignements vétilleux et impitoyables, le chômage de masse s'ajoutent à un grand maillage de rumeurs et de racontars entretenu par la population, qui est condamnée à s'ennuyer et à se faire violenter par ceux qui portent des armes. Dans ces conditions, le grand bidonville de la colline de Kadutu est un vivier de tueurs à gages, pour qui une centaine de dollars est une manne et la vie d'un homme peu précieuse. Dans la soirée du 23 août 2009, Bruno Koko Chirambiza, un jeune présentateur de la station privée Radio Star, y a d'ailleurs été tué de deux coups de poignard au thorax, après avoir été accosté par un groupe de huit hommes alors qu'il revenait d'un mariage. Il n'a pas été volé. On l'a tué pour des raisons professionnelles ou personnelles, ou alors gratuitement. Dans tous les cas, le scénario est terrifiant.
Les immenses lacunes de d'Etat ne sont pas palliées par la présence rassurante des 4x4 de l'ONU et de ses soldats casqués qui surveillent la ville. La misère rampe jusque dans les recoins des bâtiments administratifs, des casernes, des pensions bon marché, des bars et des épiceries de la ville. Elle a finalement gangrené aussi beaucoup d'esprits. Seules les églises évangéliques offrent un avenir aux Bukaviens, en hurlant à chaque coin de rue, sur chaque avenue, que le Christ rachètera tout après la mort et qu'il est temps de venir à lui. Bukavu ne pardonne rien à ses fils, ni leur liberté ni leur réussite. Dans ce climat, les journalistes d'Okapi sont autant admirés que détestés, autant convoités que méprisés. Ce cocktail est explosif et tout le monde fait ce qu'il peut. Dans les morros brésiliens, le quartier général des gangs est baptisé « a boca », la bouche. Quelle que soit le fond de l'histoire, la monstrueuse favela de Bukavu a englouti Bruno Koko Chirambiza, comme avant lui Didace Namujimbo, Serge Maheshe et Pascal Kabungulu Kibembi, un militant des droits de l'homme dont les enquêtes dérangeaient de nombreux barons de la région. C'est du moins ce que nous nous disions, Ambroise Pierre, qui m'a succédé à la tête du bureau Afrique de Reporters sans frontières, et moi, en quittant la région. Nous n'étions sûrs de rien, sinon de la terrible complexité du problème. Du reste, nous ne sommes pas revenus avec des reproches ou des recommandations urgentes, mais avec le sentiment qu'il y avait quelque chose de bancal dans toute cette machinerie. Comment construire un dispositif civilo-militaire efficace et vertueux dans ce maelstrom ? Ayant quitté Reporters sans frontières quelques semaines plus tard, je peux aujourd'hui livrer une réflexion plus personnelle. Je le dis avec un peu d'ironie, que l'on ne m'en veuille pas : j'ai le sentiment que les Nations unies manquent parfois d'un peu de cynisme dans leur approche des terrains de conflit. Pour ne pas créer de « low hanging fruits » susceptibles de se prendre une balle dans la tête, l'action civilo-militaire doit être prise au sérieux, notamment dans ses conséquences les plus sordides ou les plus inattendues. Je sais combien les assassinats de Serge Maheshe et Didace Namunjimbo ont traumatisé leurs amis, leurs confrères et leurs chefs. Et je continue de penser que le premier a très probablement été tué par des soldats qui voulaient éteindre pour toujours cette soif de justice et de réparation qui animait le journaliste, lequel ne manquait jamais une occasion de dénoncer les petites crapules qui paradent en ville avec leurs Kalachnikovs. Mais sa mort, comme celle de son confrère Didace Namujimbo, est aussi un terrible échec pour l'ONU, qui a sans doute, sans malice, négligé soit de surprotéger ses journalistes jusqu'à l'excès, soit de les mettre en garde contre les « créatures » qu'ils deviennent une fois intégrés dans le système civilo-militaire de la MONUC. Malheureusement, il ne suffit pas d'être fidèle à des principes pour être irréprochables.

mercredi 21 octobre 2009

Les journalistes africains à la merci de l'instabilité du continent


REPORTERS SANS FRONTIÈRES : Classement 2009
L’Afrique :
Entre crises politiques et violences, les journalistes africains à la merci de l’instabilité du continent.
La Corne s’enfonce, Madagascar et le Gabon chutent, le Zimbabwe progresse.

Cette année encore, la Corne de l’Afrique a été la région du continent la plus touchée par les atteintes à la liberté de la presse. L’Erythrée (175e), où aucun média indépendant n’est toléré et où trente journalistes sont emprisonnés, soit autant qu’en Chine ou en Iran, malgré une population infiniment moins nombreuse, se maintient au dernier rang mondial, pour la troisième année de suite. Quant à la Somalie (164e), qui se vide progressivement de ses journalistes, elle est le pays le plus meurtrier du monde pour la presse, avec six professionnels des médias tués entre le 1er janvier et le 4 juillet.
L’année 2009 a confirmé que, dans certains pays africains, la démocratie repose sur des bases solides et que le respect des libertés y est garanti. Dans d’autres pays, en revanche, les crises politiques et l’instabilité ont porté des coups très durs au travail des journalistes et des médias.
A Madagascar (134e) par exemple, qui perd cette année quarante places, les médias ont été pris au piège de l’affrontement entre le président déchu Marc Ravalomanana et le président de la Haute Autorité de transition, Andry Rajoelina. Censures, saccages et désinformation ont été à l’origine de la dégringolade de l’île, où un jeune journaliste a été tué alors qu’il couvrait une manifestation populaire. Au Gabon (129e), le black-out médiatique instauré par les autorités sur l’état de santé d’Omar Bongo avant sa mort et le climat délétère entourant l’élection présidentielle du mois d’août ont sapé le travail de la presse. Le Congo (116e) enregistre un recul de vingt-quatre places, principalement en raison de la mort encore mystérieuse du journaliste d’opposition Bruno Jacquet Ossébi et du harcèlement subi par plusieurs correspondants de la presse étrangère lors du scrutin présidentiel du 12 juillet. Enfin, si en Guinée (100e) la situation a pu sembler relativement calme au cours de l’année, les événements tragiques du 28 septembre et les menaces explicites adressées actuellement aux journalistes par les militaires nourrissent de vives préoccupations.
Certaines transitions ont été moins préjudiciables à la liberté de la presse. L’élection du général Mohamed Ould Abdel Aziz en Mauritanie (100e) s’est déroulée sans incident majeur pour la presse, même si l’incarcération d’un directeur de site Internet entache l’image du pays. En Guinée-Bissau (92e), les assassinats du chef d’état-major des forces armées puis du président Joao Bernardo Vieira ont certes entraîné la coupure temporaire de quelques médias et provoqué la fuite de plusieurs journalistes inquiétés, mais le recul reste mesuré.
Les Etats où la violence fait rage stagnent dans le dernier tiers du classement. Le Nigeria (135e) et la République démocratique du Congo (146e) vivent au rythme des agressions et des arrestations arbitraires. A Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, deux journalistes de radio ont été assassinés.
En raison d’un renforcement du contrôle de l’information à l’approche des élections de 2010 - suspension temporaire de médias locaux et internationaux, condamnation de journalistes à des peines de prison -, le Rwanda (157e) n’en finit pas de sombrer. Il vient talonner le "Koweit de l’Afrique", la Guinée équatoriale (158e), où le seul correspondant de la presse étrangère a passé près de quatre mois en prison pour "diffamation"
En Afrique de l’Ouest, Mamadou Tandja et Yahya Jammeh, les chefs d’Etat nigérien et gambien, se sont disputé la plus mauvaise place. Celle-ci revient finalement au Niger (139e), qui perd neuf places, alors que la Gambie (137e) paye, une fois de plus, l’intolérance de son Président, lequel n’a pas hésité à envoyer en prison les six journalistes les plus réputés du pays avant de multiplier les insultes et les provocations publiques à leur égard.
Au Zimbabwe (136e) semble enfin se desserrer l’étau qui pesait sur la presse. L’enlèvement puis l’incarcération scandaleuse, pendant de longues semaines, de l’ancienne journaliste Jestina Mukoko, ternit le tableau, mais l’annonce par le gouvernement d’union nationale, cet été, du retour de la BBC, de CNN et du quotidien indépendant The Daily News est évidemment porteur d’espoir.
Enfin, le peloton de tête reste le même qu’en 2008, avec le Ghana (27e), le Mali (30e), l’Afrique du Sud (33e), la Namibie (35e) ou encore le Cap-Vert (44e) parmi les cinquante premiers pays les plus respectueux de la liberté de la presse. Fort d’une alternance démocratique réussie avec l’élection, en janvier 2009, de John Atta-Mills, successeur de John Kufuor, le Ghana a ravi la première position africaine à la Namibie, où une journaliste sud-africaine a dû passer une nuit en garde à vue avant d’être relâchée contre le paiement de deux cautions.


Cri de détresse d'un père

Du Docteur Daniel Nkusu Nunyalulenddho
Médecin Chirurgien et Chef de service de chirurgie
Hôpital de District de Kolofata - Téléphone : 00237-75992232
B.P. : 111 Mora Extrême Nord-Cameroun 


A l’attention du Secrétaire Urbain du Syndicat National 
des Médecins du Congo (RDC)
A Kinshasa
Objet : la grève de médecins à Kinshasa
 
Monsieur le Secrétaire Urbain,  
Honoré confrère, 


J’ai la peine de porter à votre connaissance que depuis toute la journée de vendredi passée , ma femme  répondant  au  0814739659, court à la suite de la grève des médecins, d’une commune à l’autre ,de l’immense  ville de Kinshasa, à la recherche d’un hôpital pour faire  soigner mon cher fils âgé de 19 ans, finaliste des humanités, en coma et dans un tableau d’anémie sévère probablement sur paludisme et de détresse respiratoire aigue.
Là  où ils sont arrivés à l’hôpital saint joseph de Limété, il semble depuis que deux jours aussi, les traces de médecins sont très rares.  
J’ai eu à assumer les fonctions de secrétaire général national adjoint chargé des autres syndicats et organisations similaires dans le premier bureau exécutif national, de ce même syndicat pour le mandat 1997-2002 et avait activement contribué à l’organisation du secteur médical dans ce pays, y compris les statuts actuels de médecins pour lesquels la prestigieuse corporation se bat maintenant entre autre.
Je suis tout à fait d’accord  et en appui, avec les actions en faveur des médecins, actions pour lesquelles je me suis consacré depuis ma jeunesse. Cependant, je n’encourage  pas le procédé de prendre en otages et de sacrifier quasi inhumainement, à l’instar de la majorité de dirigeants politiques congolais, la santé de toute une population.  
Si les membres des familles de certains médecins sont à l’abri, la mienne et celles des autres congolais sont exposées et sacrifiées, suite à cette grève apparemment non encadrée.
J’ai participé à de multiples  grèves mais jamais nous n’avons évolué vers la sauvagerie en faisant sécher tous les hôpitaux. Le prix est malheureusement payé par les faibles et vulnérables innocents citoyens. UN SERVICE EFFECTIF MINIMAL GENERALISE OU LOCALISE ETAIT TENU EN PRINCIPE QUELQUE SOIT L’AMPLEUR DE LA GREVE.
Une grève, qui dans son allure, préjudicie les innocents est contraire aux prescrits du code de déontologie médicale et des différentes lois universelles dont celles de la R.D.C..  
Je vous invite confraternellement à concevoir les moyens pour encadrer cette grève. Cependant, je tiens à vous assurer que si d’aventure, il arrivait quelque chose à mon cher fils, à la suite du manque d’encadrement de votre grève, je vous en tiendrais personnellement et avec votre bureau, pour responsables.
Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire Urbain, l’expression de toute ma confraternité.
Docteur Daniel NKUSU NUNYALULENDHO 

Prix Mo Ibrahim de la bonne gouvernance en Afrique: pas de lauréat


Article lu pour vous par Mme Pascale B.
 
Mo IbrahimLe comité chargé de décerner le prix Mo Ibrahim de la bonne gouvernance en Afrique n'a pas trouvé de lauréat cette année malgré de longues délibérations, a-t-il annoncé lundi à Londres.
Ce prix, fondé en octobre 2006 par Mo Ibrahim, magnat britannique des télécommunications d'origine soudanaise, est décerné à d'anciens chefs d'Etat ou de gouvernement de pays de l'Afrique subsaharienne qui ont été élus démocratiquement. "Le comité décernant le prix n'est pas parvenu à trouver un lauréat", a expliqué l'ancien président du Botswana, Ketumile Masire, lors d'une conférence de presse. Le comité a ajouté qu'il ne pouvait révéler les raisons de ce résultat, en raison de la confidentialité des délibérations. En octobre 2007, Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique, était devenu le premier lauréat. En 2008, l'ancien président du Botswana, Festus Mogae, avait reçu le prix, qui attribue au récipiendaire cinq millions de dollars sur dix ans, puis une somme de 200.000 dollars par an à vie.

Au revoir la démocratie, bonjour la dictature !


Par Christophe Bintu

Ces derniers temps, il se produit un phénomène régressif en Afrique noire. Une fois le vieux tyran disparu, c’est le fils qui lui succède. L’exercice du pouvoir en Afrique redevient, petit à petit, une royauté officieuse, recréée artificiellement avec les instruments de la démocratie.
Pour succéder à son papa, en effet, pas besoin de diplômes ou de compétences. Deux méthodes sont possibles : soit on organise les élections fort peu transparentes, libres et démocratiques (cas du Togo, du Bénin et, tout récemment, du Gabon), soit le « fils de » s’impose, comme investi d’un droit naturel.
Ce fut le cas en République démocratique du Congo. Quand, le 26 janvier 2001, Joseph Kabila débarque et prend les rênes du pays, sans fanfare, sans prestige, mais avec l’appui des instances internationales qui lui imposent quatre vice-présidents très contestables, pour gérer, pour une période « transitoire » la vie de plus de soixante millions d’âmes.
À l’issue de cette période transitoire, cinq ans plus tard, les premières élections libres, transparentes et démocratiques sont organisées et Joseph Kabila est élu président de la République avec 58 % des voix. L’espoir était alors né ! Le président nouvellement élu, débarrassé de ses acolytes, dévoile son plan de reconstruction et énonce les cinq chantiers auxquels il veut s’attaquer prioritairement (infrastructures, santé et éducation, eau et électricité, logement et emploi). Tout le monde applaudit ! Les mamans chantent et dansent pour Joseph Kabila.
Trois ans plus tard et à deux ans des prochaines échéances électorales, Kabila expérimente le dicton qui dit : « l’appétit vient en mangeant » et prend l’initiative de modifier la constitution afin se maintenir au pouvoir, bien qu’il n’ait pas tenu ses promesses électorales.
L’information vient de la Radio France International. La commission d’ « évaluation de la Constitution » mise en place par le président Kabila pour aboutir à réviser plusieurs dispositions constitutionnelles parmi lesquelles le mandat du chef de l’Etat et le découpage territorial. Cette commission est composée d’une dizaine de membres, représentant la Présidence, la Primature, l’Assemblée, le Sénat et la Cour suprême de justice. Cette commission qui a commencé à se réunir opère apparemment dans la plus grande discrétion.
Selon plusieurs sources, elle réfléchit à la modification de trois dispositions constitutionnelles. La première viserait à renoncer à mettre en place les quinze provinces supplémentaires prévues par la Constitution d'ici mai prochain. La deuxième s'intéresse au mandat présidentiel, actuellement fixé à cinq ans et renouvelable une seule fois, qui passerait à sept ans et serait renouvelable… autant que de vouloir. La troisième et dernière modification permettrait au président de la République de siéger au Conseil supérieur de la magistrature.
Sur ces deux derniers points, la Constitution interdit tout projet de révision. L'article 220 est clair. Il stipule que le nombre et la durée des mandats du président de la République et que l'indépendance du pouvoir judiciaire ne peuvent faire l'objet d'aucune révision constitutionnelle.
La Commission va-t-elle passer outre ? En tout cas, fait plutôt surprenant, deux magistrats de la Cour suprême de justice (CSJ) participent au projet. La Cour constitutionnelle n'ayant toujours pas été installée, c'est la CSJ qui est habilitée à statuer sur la constitutionalité ou l'anti-constitutionalité de telles propositions. Interrogé par RFI, le président de la Cour a déclaré qu'il n'était, à ce jour, pas informé de tels projets, non plus que d’une quelconque participation d’un membre de la CSL à un groupe de réflexion en vue d’une réforme de la Constitution.
Le prix payé pour arriver à cette démocratie aujourd’hui menacée, raisonne encore dans nos têtes. Nul besoin de rappeler que la lutte pour le pouvoir a  poussé des êtres sans scrupules à massacrer cruellement plus de cinq millions de Congolais. Modifier la Constitution congolaise dans le but de se maintenir longtemps au pouvoir, n’est ni plus ni moins, aller dans le sens contraire des intérêts suprêmes de la Nation congolaise et de la démocratie en Afrique. Nous invitons Joseph Kabila à choisir la voie de la sagesse et à s’en tenir aux déclarations tenues il y a quelques temps dans la presse dans lesquelles il affirmait ne pas vouloir se représenter à l’issue de ce mandat.
En montrant à tous, Occidentaux et Africains, la voie de la sagesse et du respect des lois et des institutions, il fera figure d’exemple. Nul doute alors qu’il pourra bénéficier, dès son retrait des plus hautes responsabilités du pays, qu’il pourra bénéficier du prix de la bonne gouvernance en Afrique, qui assurera à cet homme encore jeune une confortable retraite à vie et qui, cette année, n’a pas pu être décerné, faute de candidat méritant !